
À Deauville, la dernière étape de la saison du Barrière Poker Tour n’est pas qu’une affaire de jetons. Parmi les joueurs attendus au casino normand figure Cécile Ticherfatine, l’une des figures du poker français, qui profite de sa présence pour défendre une cause qu’elle porte depuis plusieurs années : donner aux femmes une vraie place aux tables de tournoi.
Deauville referme la saison du Barrière Poker Tour
Le calendrier officiel du Barrière Poker Tour place l’étape de Deauville du 28 octobre au 1er novembre 2026. Elle succède à Nice, Deauville au printemps, Paris, Toulouse et Cannes, et clôt un circuit de six étapes organisé chacune dans un casino du groupe.
Selon Métropolitaine, les tournois se jouent dans le salon des Ambassadeurs du casino, avec un Main Event à 600 euros de droit d’entrée. Le média rappelle que le circuit, lancé en 2007, avait réuni plus de 8 900 participants sur six étapes en 2025, pour un prize pool cumulé de plus de 2,8 millions d’euros.
Ce que Cannes a montré il y a trois semaines
L’étape précédente donne une idée du niveau de jeu. D’après Les Petites Affiches, le Barrière Poker Tour a réuni 558 participants sur 11 tournois à Cannes, du 9 au 12 octobre. Le Main Event, avec 126 entrées, a été remporté par Tom Pascal, un Toulousain de 25 ans, pour un gain de 14 819 euros. C’était sa première victoire en tournoi live. Sur la Côte d’Azur comme ailleurs, le podium reste masculin.
Cécile Ticherfatine, une professionnelle au palmarès solide
Ancienne handballeuse de haut niveau, Cécile Ticherfatine, 38 ans, a fait du poker son métier. Métropolitaine lui attribue près de 1,3 million d’euros de gains en tournoi. Son palmarès compte une bague des World Series of Poker obtenue en février 2023, un titre PokerStars et un trophée du Barrière Poker Tour en 2024. Elle a aussi atteint la finale du tournoi Ladies des WSOP à Las Vegas.
Elle ne sera pas la seule joueuse professionnelle à Deauville : Sarah Ramirez fait aussi partie des noms annoncés.
La Queen’s Squad, une équipe pour faire progresser les joueuses
En janvier 2025, Cécile Ticherfatine a lancé la Queen’s Squad, présentée comme la première équipe féminine professionnelle de poker en Europe. Six joueuses ont été retenues parmi plusieurs dizaines de candidates.
Le programme ne se limite pas à la technique de jeu. Il associe préparation mentale et apprentissage de la gestion financière : gestion de la bankroll, choix des tournois, financement des inscriptions. Grâce à cet accompagnement, les joueuses de l’équipe ont pu se rendre aux WSOP de Las Vegas.
Un déséquilibre encore très marqué
Le constat de départ est chiffré. Selon les chiffres du milieu repris par Métropolitaine, les femmes représentent environ 10 à 30 % des pratiquants de poker en France, mais seulement 3 % des participants aux tournois internationaux en présentiel.
Les freins sont connus : les préjugés sur les capacités stratégiques des joueuses, le manque de modèles féminins, l’isolement à des tables presque entièrement masculines et la difficulté à financer les déplacements. La Queen’s Squad mise sur la formation, l’encadrement et la solidarité entre joueuses pour lever ces obstacles un à un.
Une école de poker annoncée pour 2027
Cécile Ticherfatine prévoit d’aller plus loin en 2027, avec une École supérieure de poker réservée aux profils les plus prometteurs et un Campus aux formations plus souples. L’objectif affiché est d’attirer davantage de femmes et de jeunes filles vers la discipline.
Elle veut aussi changer l’image du jeu, encore marquée par les clichés hérités du cinéma : parties clandestines, tricheurs et coups de chance. Le poker de tournoi est un jeu d’adresse et de calcul, encadré par des arbitres et des règles strictes.
Ce que cela change pour les joueurs
Pour les amateurs qui suivent le circuit, la présence de joueuses expérimentées en finale de saison est un signal. Les grands opérateurs live comme en ligne multiplient depuis quelques années les initiatives pour diversifier leur public, et les résultats de Deauville diront si les tables normandes reflètent ce mouvement.
Une chose ne change pas, quel que soit le profil du joueur : le poker reste un jeu d’argent. Fixer à l’avance le budget consacré à un tournoi, ne jamais chercher à se refaire et faire des pauses régulières restent les meilleurs réflexes. Les joueurs qui sentent leur pratique leur échapper peuvent se tourner vers les dispositifs d’aide au jeu responsable proposés par les casinos et les opérateurs agréés.
